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Depuis presque 20 ans je vis à Paris, où je suis arrivée comme fille au pair après le bac. J’ai grandi en Allemagne, à Rheinweiler un petit village entre le Rhin et la Forêt-Noire. Au début, je suis restée à Paris parce que je voulais y vivre avec mon ami, musicien et peintre américain, puis parce que j’avais un poste permanent comme physicienne au CNRS et après tout, parce que j’aime bien y vivre.
Apres des études universitaires à Jussieu - Paris VI, j’ai commencé à travailler au LPNHE où j’ai préparé ma thèse sur l’expérience H1 à DESY, Hambourg. Ce choix n'a pas seulement été motivé par mes intérêts scientifiques, mais aussi parce que j’aimais bien retrouver un contact avec l’Allemagne.
En même temps je jouais du mélodica dans le groupe de mon ami, mais les voyages fréquentes à Hambourg étaient incompatibles avec des répétitions régulières et j’ai été virée. Trois ans plus tard nous nous sommes séparés et aujourd’hui je m’occupe de son site web.
Professionnellement, j’ai d’abord étudié la structure du proton : le proton est constitué de quarks et de gluons et nos mesures de la fonction de structure permettent de connaître plus précisément sa composition. En 1996, les expériences de HERA ont observé un nombre d’événements plus important que prévu à très grande énergie. Un tel excès peut être une manifestation de nouvelles particules ou d’une nouvelle interaction. Nous, un groupe franco-germano-anglais, avons mesuré les taux d’évenements avec une plus grande précision sur une période de prise de données plus longue. C’était très excitant, bien que la publication après trois ans de travail montre que cet excès d’événements a été le plus probablement une fluctuation statistique – mais bien sur nous avons appris beaucoup d’autres choses sur le proton.
Après que des contacts avaient été établis avec les expériences de Fermilab, plusieurs laboratoires français ont rejoint l’expérience DØ pour la nouvelle phase de prise de données, qui a démarré en avril 2001. Dans notre laboratoire, nous avons d’abord participé à la qualification du calorimètre à Argon liquide, qui est utilisé pour mesurer l’énergie des particules issues de l’interaction proton-antiproton. Actuellement, je suis co-responsable du groupe « algorithmes calorimétriques » qui est en charge d’améliorer les logiciels pour identifier et reconstruire les particules détectées dans le calorimètre. Je supervise également un étudiant, qui fait une mesure du taux de production des quarks top.
Pour célébrer l’an 2000, j’ai commencé à prendre des cours de danse classique, mais j’aime aussi faire du patin sur glace, du cheval et du ski, bien que je n’en aie jamais fait régulièrement. J’adore lire. Une de mes auteurs préférés ces jours-ci est Haruki Murakami dont j’ai vu au théâtre une magnifique adaptation de «L’éléphant disparaît» Lors d’une exposition au Centre Pompidou, j’ai découvert le travail de Sophie Calle et des fois j’aimerais vraiment faire des choses comme ça moi-même. J’aime bien aller au cinéma, voir des amis et rénover des maisons et je m’intéresse ces jours-ci à la psychologie. Ce n’est pas toujours facile de garder l’équilibre entre le travail et le reste de la vie, mais ça aide beaucoup d’être curieuse.
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